Après une suspension de deux mois en début d’année pour cause de budget non voté, MaPrimeRénov’ a rouvert son guichet le 23 février 2026 avec une enveloppe de 3,6 milliards d’euros. Le dispositif a été profondément reconfiguré, et certains changements touchent directement les propriétaires qui envisagent des travaux avant une vente, une mise en location ou simplement pour améliorer leur confort. Voici les points essentiels à connaître.
Un dispositif reconfiguré, avec des règles qui changent selon le profil
MaPrimeRénov’ fonctionne toujours selon deux parcours : les travaux par geste (remplacement d’un équipement de chauffage, isolation de combles…) et la rénovation d’ampleur, qui exige un gain d’au moins deux classes au DPE et l’intervention obligatoire d’un Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR). Depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs et les chaudières biomasse ont quitté le parcours par geste : ces travaux ne sont désormais accessibles que dans le cadre d’une rénovation d’ampleur.
Autre nouveauté notable : les ménages aux revenus supérieurs (profil Rose) peuvent désormais accéder à la rénovation d’ampleur, avec un taux de prise en charge d’environ 30 %, alors qu’ils étaient jusqu’ici totalement exclus. À l’opposé, les foyers très modestes (profil Bleu) peuvent voir jusqu’à 80 % de leurs travaux financés, avec un plafond de dépenses éligibles fixé à 40 000 euros HT pour un gain de trois classes DPE ou plus. Pour connaître les montants exacts selon votre profil de revenus, vous pouvez consulter le guide complet sur ma prime renov.
Un point d’ordre pratique : depuis le 17 août 2026, les demandes se créent désormais via france-renov.gouv.fr et non plus directement sur l’ancien portail. Et depuis un arrêté du 20 février 2026, un rendez-vous préalable avec un conseiller France Rénov’ (numéro gratuit : 0 808 800 700) est devenu obligatoire avant tout dépôt de dossier de rénovation d’ampleur.
MaPrimeRénov’ et valeur du bien : l’enjeu pour les propriétaires et les bailleurs
La loi Climat et Résilience interdit progressivement la mise en location des logements les plus énergivores. Les étiquettes G sont déjà concernées, les F suivent. Résultat : un bien classé F ou G subit une décote à la vente et voit sa rentabilité locative fragilisée. La rénovation d’ampleur cible précisément ces passoires thermiques pour leur permettre d’atteindre au minimum la classe D avant que les contraintes réglementaires ne se referment davantage.
Pour les propriétaires bailleurs, MaPrimeRénov’ est accessible, mais avec des engagements spécifiques : le logement rénové doit rester en résidence principale pendant six ans minimum, et en cas de réévaluation du loyer, le montant de la prime doit être déduit des travaux justifiant cette hausse. Pour les acquéreurs d’un bien ancien énergivore, la prime peut aussi être sollicitée dès lors que le logement devient la résidence principale, à condition de déposer le dossier avant le début du chantier, idéalement dès la signature du compromis de vente.
À noter : les passoires thermiques en maison individuelle conservent encore l’accès au parcours par geste jusqu’au 31 décembre 2026. À partir du 1er janvier 2027, seule la rénovation d’ampleur leur sera ouverte. La fenêtre de manœuvre se referme donc rapidement pour ceux qui n’ont pas encore entamé leurs démarches.
Ce qu’il faut anticiper avant de se lancer
Les délais d’instruction ont sensiblement allongé en 2026 : comptez jusqu’à six mois pour un dossier de rénovation d’ampleur, en raison des dossiers accumulés pendant la fermeture de janvier-février. Mieux vaut ne pas attendre la veille d’une mise en vente pour initier les démarches. L’aide peut se cumuler avec un éco-PTZ (jusqu’à 50 000 euros sans intérêts), la TVA réduite à 5,5 % et des aides locales variables selon les territoires. En revanche, les ménages engagés dans une rénovation d’ampleur ne peuvent pas solliciter de prime CEE séparée auprès d’un autre organisme : les CEE sont intégrés d’office dans le calcul de l’aide Anah.
La clé, dans tous les cas, reste de ne lancer aucun chantier avant d’avoir reçu la notification d’accord de l’Anah : un dossier déposé après le début des travaux est refusé systématiquement.

