Avec près de 3,9 millions de passoires thermiques encore dans le parc résidentiel français début 2025 et des interdictions de location qui s’étendent progressivement, rénover son logement n’est plus seulement une question de confort. Pour les propriétaires, c’est désormais une réalité réglementaire. Encore faut-il savoir à quelles aides s’attendre et, surtout, comment les mobiliser concrètement.
Des obligations qui s’accélèrent pour les propriétaires bailleurs
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au diagnostic de performance énergétique ne peuvent plus faire l’objet d’un nouveau bail ni d’un renouvellement en France métropolitaine. L’interdiction s’élargira aux logements classés F en 2028, puis aux E en 2034. À cela s’ajoute, pour les biens F ou G mis en vente hors copropriété, une obligation d’audit énergétique avant toute transaction.
Ces contraintes touchent directement les vendeurs et les bailleurs. Le calendrier est connu depuis plusieurs années, mais beaucoup de propriétaires tardent encore à agir. Selon les données de l’Anah, 156 762 logements ont été rénovés au premier semestre 2025 via MaPrimeRénov’, un chiffre en légère baisse par rapport au premier semestre 2024. La prise de conscience est là ; les freins financiers et administratifs, aussi.
MaPrimeRénov’ en 2026 : un dispositif qui se réforme encore
MaPrimeRénov’ reste le principal levier d’aide publique, mais le dispositif a connu plusieurs modifications depuis son lancement en 2020, et une nouvelle réforme est annoncée pour septembre 2026. À partir de cette date, le parcours par geste devrait perdre plusieurs postes éligibles (isolation des combles, remplacement des fenêtres, ventilation, poêles à granulés), au profit des rénovations d’ampleur combinant au moins deux gestes d’isolation et un gain de deux classes au DPE. Les propriétaires conservant un chauffage au gaz dans le cadre d’une rénovation globale ne pourront plus prétendre à l’aide.
Cette instabilité chronique du dispositif nourrit la défiance : près d’un copropriétaire sur deux juge les aides instables dans le temps, et plus d’un quart pointe leur complexité administrative. Résultat, plus de 20 % des copropriétaires préfèrent repousser les travaux de deux à quatre ans, malgré des charges énergétiques qui représentent souvent entre 20 % et 40 % de leurs charges courantes.
Avancer le financement : les solutions pour ne pas bloquer son projet
L’un des freins les plus concrets reste le délai de versement : MaPrimeRénov’ est versée après la fin des travaux, ce qui contraint les ménages à avancer parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros. Pour contourner cet obstacle, plusieurs pistes existent. L’éco-PTZ permet d’emprunter jusqu’à 50 000 € sans intérêts pour une rénovation d’ampleur, sur 20 ans, sans condition de revenus et cumulable avec MaPrimeRénov’. Ce prêt doit toutefois être souscrit avant le paiement de la facture finale, une condition que beaucoup de ménages ratent.
Du côté de l’accompagnement privé, Homji, marque de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, propose un préfinancement des aides pensé pour lever ce verrou. Le principe : un prêt à taux zéro avançant le montant de MaPrimeRénov’ avant même le démarrage du chantier, remboursable à réception de l’aide (sous 12 ou 24 mois selon les travaux), entre 1 000 € et 32 000 €. Ce mécanisme de rénovation énergétique est accessible dans les réseaux Crédit Mutuel et CIC, sous réserve de souscrire un financement global auprès de ces établissements. L’offre court jusqu’au 31 décembre 2026.
Pour les ménages sans capacité de remboursement immédiate, le Prêt Avance Rénovation (PAR) offre une autre option : le remboursement est différé jusqu’à la revente du bien. Et quelle que soit la situation, la TVA à 5,5 % s’applique à tous les travaux de rénovation énergétique dans un logement de plus de deux ans, sans condition de ressources.
Le calendrier des obligations se resserre, les aides évoluent et les solutions de financement se diversifient.

