L’indice BT47 est un indice de prix publié par l’INSEE, utilisé pour réviser le coût des travaux d’électricité dans le bâtiment. Sur un chantier qui s’étale sur plusieurs mois, le prix des câbles, des gaines ou de la main-d’œuvre évolue. La clause de révision adossée au BT47 permet d’ajuster le montant facturé en fonction de ces variations réelles.
Mal utilisé sur un devis ou une facture, cet indice peut fausser le calcul final et créer un litige avec le maître d’ouvrage.
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BT47 et indices BT : à quoi correspond la nomenclature INSEE
L’INSEE publie une série d’indices nationaux du bâtiment, numérotés de BT01 à BT50. Chaque indice couvre un lot technique précis : gros œuvre, plomberie, peinture, chauffage, etc. Le BT47 couvre spécifiquement les travaux d’installations électriques.
Le BT01, souvent confondu avec le BT47, est un indice tous corps d’état. Il reflète l’évolution moyenne de l’ensemble des coûts du bâtiment. L’utiliser à la place du BT47 pour un lot électricité revient à lisser des variations qui ne correspondent pas à la réalité de ce poste.
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En pratique, un artisan électricien qui rédige un devis pour un marché privé ou public doit choisir l’indice adapté à la nature de ses travaux. Appliquer le mauvais indice de référence dans la formule de révision de prix, c’est fausser le montant dû dès la première actualisation.

Changement de base avril 2023 : une rupture à connaître
L’INSEE a modifié la composition des indices BT47 en avril 2023. La série est désormais chaînée à la valeur de mars 2023. Ce point technique a une conséquence directe sur la facturation : les anciennes valeurs et les nouvelles ne sont pas directement comparables.
Un artisan qui rédige un contrat signé avant avril 2023 et qui facture un avancement après cette date doit s’assurer de la cohérence de la série utilisée. Mélanger un indice de référence (date de base du devis) calculé sur l’ancienne composition avec un indice d’actualisation issu de la nouvelle série fausse le résultat de la formule de révision.
Vérifier la cohérence de la série sur le site de l’INSEE
La page de l’INSEE dédiée aux indices du bâtiment signale explicitement le changement de base. Avant de reporter une valeur dans une facture, il faut vérifier que l’indice de référence et l’indice courant appartiennent à la même série. En cas de doute, la date de publication et le libellé de la base (par exemple « base mars 2023 ») permettent de trancher.
Clause de révision de prix : formule et erreurs fréquentes sur les devis
La formule de révision de prix suit un schéma standard. Le prix révisé est égal au prix initial multiplié par le rapport entre l’indice à la date d’exécution et l’indice à la date de référence du contrat. Pour un lot électricité, c’est le BT47 qui entre dans ce rapport.
Les erreurs les plus courantes sur les devis et factures d’artisans concernent trois points :
- La date de référence de l’indice est absente du devis, ce qui rend la clause inapplicable ou contestable par le client.
- L’indice choisi ne correspond pas au lot (BT01 utilisé au lieu du BT47 pour un lot électricité pure), ce qui sous-évalue ou surévalue la révision.
- La formule mélange des indices issus de bases différentes (avant et après avril 2023), produisant un calcul incohérent.
Chaque devis doit mentionner l’indice de référence, sa date et sa valeur. Sans ces trois éléments, la clause de révision perd sa force contractuelle. En cas de contentieux, l’absence de ces mentions affaiblit la position de l’artisan.
Marché public : pas de terme fixe ni de clause butoir
Pour les artisans qui interviennent sur des marchés publics, la circulaire du 24 avril 2026 rappelle que les acheteurs doivent prévoir des marchés à prix révisables. La formule de révision ne doit comporter ni terme fixe ni clause butoir. Un terme fixe, c’est une part du prix exclue de la révision. Une clause butoir limite le pourcentage de hausse applicable.
Ces deux mécanismes, fréquents dans les modèles de devis grand public, sont proscrits en commande publique. Un artisan qui répond à un appel d’offres avec un modèle de devis standard risque d’accepter une formule qui l’empêche de répercuter la hausse réelle de ses coûts.
Actualisation et révision : deux mécanismes distincts sur la facture
La confusion entre actualisation et révision de prix génère des erreurs sur les factures intermédiaires et les décomptes finaux.
L’actualisation s’applique entre la date de remise du prix (signature du devis) et le début effectif des travaux. Elle compense le décalage entre le moment où le prix a été calculé et celui où le chantier démarre réellement.
La révision s’applique pendant l’exécution des travaux. Elle ajuste le prix en fonction de l’évolution de l’indice BT47 entre la date de référence et chaque situation de travaux facturée.
Facturer une révision là où seule une actualisation est due (ou l’inverse) modifie le montant final. Sur un chantier de plusieurs mois avec un démarrage décalé, l’écart peut représenter une part significative du montant total.

Intégrer l’indice BT47 dans vos factures : les mentions à ne pas oublier
Au-delà de la clause de révision inscrite dans le devis, chaque facture intermédiaire ou finale qui applique cette clause doit permettre au client de vérifier le calcul. Les mentions suivantes doivent apparaître clairement :
- L’indice BT47 de référence (valeur et date, tels qu’indiqués dans le contrat).
- L’indice BT47 courant utilisé pour le calcul (valeur et mois de publication INSEE).
- Le détail du calcul : prix de base, coefficient de révision appliqué, montant révisé.
- La mention de la base utilisée (notamment si le contrat chevauche le changement de base d’avril 2023).
Ces éléments protègent l’artisan autant que le client. En cas de contrôle ou de litige, une facture traçable avec les indices sourcés constitue la meilleure preuve du bien-fondé du montant réclamé.
L’indice BT47 n’est publié par l’INSEE qu’avec un décalage de quelques mois. Pour une situation de travaux récente, la dernière valeur disponible peut ne pas couvrir le mois exact de facturation. La pratique courante consiste à utiliser le dernier indice publié, puis à régulariser sur la facture suivante ou le décompte final. Le devis doit idéalement prévoir cette modalité pour éviter toute contestation ultérieure.

