Pour les initiés au secteur des prêts immobiliers, les termes TEG et TAEG n’ont pas de secret. Pour les autres, c’est tout le contraire. Pourtant, la compréhension de ces notions faciliterait certaines opérations. Si vous voulez avoir ces facilités, il conviendrait de faire la différence entre les deux.
TEG et TAEG : présentation
Le Taux effectif global, appelé TEG, fait partie du vocabulaire du crédit immobilier depuis des années. Ce pourcentage donne la mesure du coût global d’un prêt, mais il ne montre qu’une partie du tableau. Avec un crédit immobilier, l’emprunteur ne se contente pas de rembourser des mensualités : d’autres frais, bien réels, s’ajoutent tout au long du processus. Pourtant, le TEG n’englobe qu’une petite sélection de ces frais.
Face à lui, le TAEG change la donne. Le Taux Annuel Effectif Global s’est imposé comme la nouvelle référence, remplaçant progressivement le TEG à partir de la fin 2016 dans l’immobilier. Son principe ? Calculer le coût du crédit en tenant compte d’un éventail beaucoup plus large de frais annexes, hormis ceux liés au notaire. Cette évolution ne se limite pas aux crédits immobiliers : le TAEG a aussi vocation à s’appliquer aux crédits à la consommation, intégrant par exemple les frais de dossier, les coûts d’assurance ou encore certaines dépenses liées à des travaux ou à des déplacements nécessaires pour l’obtention du prêt.
TEG et TAEG : différence
Les écarts entre ces deux taux ne sont pas minces. Voici ce qui les distingue concrètement :
- Dans la pratique : le TEG s’applique avant tout au crédit immobilier. Il permet de calculer le taux d’intérêt en se fondant sur le montant des mensualités, mais laisse de côté de nombreux frais additionnels. Ce sont donc les emprunteurs qui assument ces dépenses, sans qu’elles apparaissent clairement dans le coût affiché du crédit. Résultat : le budget réel peut facilement dépasser les prévisions initiales, au bénéfice des banques.
Depuis octobre 2016, la réglementation impose le TAEG pour les crédits immobiliers. Ce taux prend désormais en compte presque tous les frais liés à la souscription d’un crédit, à l’exception des frais de notaire. La différence ne s’arrête pas là : le TEG donne une vision mensuelle du coût du crédit, alors que le TAEG affiche le coût annuel, offrant ainsi une perspective beaucoup plus large sur la gestion de ses finances dans la durée.
- Les assurances intégrées : le TEG laisse complètement de côté les assurances de prêt, qu’il s’agisse des garanties décès, invalidité ou même chômage. Résultat : le calcul basé sur le TEG sous-estime le coût global pour l’emprunteur, qui doit financer ces assurances sans qu’elles entrent dans le calcul du taux. Une approche loin d’être transparente.
Le TAEG, de son côté, intègre ces assurances. Le taux affiché devient ainsi plus représentatif du montant réellement déboursé pour le crédit, en prenant en compte l’ensemble des dépenses réglementées, y compris celles liées à l’assurance emprunteur. Le résultat : un taux plus juste, plus clair, et une comparaison des offres facilitée pour les particuliers.
En matière de crédit, ce sont souvent les détails qui font la différence. À l’heure du choix, mieux vaut regarder la réalité en face : TAEG et TEG ne mettent pas chacun les mêmes cartes sur la table. Prendre le temps de décoder ces sigles, c’est s’assurer de ne pas avancer à l’aveugle face à une banque.


