Acheter un terrain seul puis signer un contrat de construction avec un maître d’œuvre ne produit pas la même note de frais de notaire que l’acquisition d’un ensemble terrain + maison auprès d’un promoteur. La différence tient au régime fiscal appliqué à chaque transaction, et elle peut représenter plusieurs milliers d’euros sur le budget final. Comprendre ce mécanisme permet de choisir le montage le plus adapté à son projet de construction neuve.
Terrain vendu par un particulier ou par un lotisseur : deux régimes de frais de notaire
On l’oublie souvent, mais le statut du vendeur du terrain change radicalement la facture chez le notaire. Quand on achète une parcelle à un particulier, les droits de mutation s’appliquent au taux plein, autour de 5,80 % du prix du terrain. Le terrain est alors fiscalement traité comme un bien ancien, même s’il est vierge de toute construction.
À l’inverse, lorsque le terrain est cédé par un aménageur ou un lotisseur assujetti à la TVA, la vente entre dans le régime du neuf. Les droits de mutation tombent alors à 0,715 %, et c’est la TVA à 20 % qui s’applique sur le prix. Le montant global peut être comparable, mais la répartition entre taxes et droits change, et dans certains cas le coût total des frais d’acquisition baisse sensiblement.
Avant de signer un compromis, on a donc intérêt à vérifier si le vendeur du terrain est assujetti à la TVA. Cette information figure dans le projet d’acte notarié ou peut être demandée directement au notaire.

Frais de notaire sur construction neuve : sur quelle assiette on paie
Quand on achète un terrain nu puis qu’on fait construire séparément, les frais de notaire ne portent que sur le prix du terrain. La construction elle-même, financée via un contrat de construction de maison individuelle (CCMI) ou un contrat de maîtrise d’œuvre, n’entre pas dans l’assiette des droits de mutation.
C’est là que le montage en deux temps prend tout son intérêt financier. Sur un projet où le terrain représente moins d’un tiers du budget total, les frais de notaire sont calculés sur cette seule fraction. Le reste du budget, consacré à la maison, échappe aux droits d’enregistrement.
Le cas de l’achat terrain + maison en VEFA ou contrat clé en main
Lorsqu’on achète un ensemble terrain + maison auprès d’un promoteur (vente en l’état futur d’achèvement), les frais de notaire portent sur le prix global, terrain et construction compris. Le taux applicable est celui du neuf, soit environ 2 à 3 % du prix total, grâce à la taxe de publicité foncière réduite et à l’exonération partielle des droits de mutation.
Le taux réduit du neuf compense en partie l’assiette plus large. On paie des frais sur un montant plus élevé, mais à un pourcentage nettement inférieur à celui de l’ancien. Le résultat dépend des proportions entre prix du terrain et coût de la construction.
Comparatif concret : terrain seul vs terrain + maison chez le notaire
Pour y voir clair, voici comment les deux montages se distinguent sur le plan des frais d’acquisition :
| Critère | Achat terrain seul (vendeur particulier) + construction séparée | Achat terrain + maison (promoteur, VEFA) |
|---|---|---|
| Assiette des frais de notaire | Prix du terrain uniquement | Prix global terrain + construction |
| Taux de droits de mutation | Environ 5,80 % (régime ancien) | Taux réduit du neuf (taxe de publicité foncière à 0,715 %) |
| TVA | Pas de TVA si vendeur particulier | TVA à 20 % incluse dans le prix |
| Émoluments du notaire | Calculés sur le prix du terrain | Calculés sur le prix total |
Les barèmes réglementés des émoluments proportionnels du notaire (par tranches dégressives) restent inchangés depuis 2021. Ils s’appliquent de la même façon dans les deux cas, mais sur des montants différents.
Hausse des droits de mutation en 2025 : quel impact sur le terrain à bâtir
Depuis avril 2025, les départements ont la possibilité de relever les droits de mutation à titre onéreux jusqu’à 5 % maximum, contre 4,50 % auparavant. Cette hausse touche directement l’achat de terrain à bâtir auprès d’un particulier, puisque ce type de vente relève du régime ancien.
Tous les départements n’ont pas activé cette option. Il faut vérifier le taux applicable dans le département où se situe le terrain. Un notaire local ou un simulateur de frais de notaire mis à jour peut donner le chiffre exact.
Pour les acquisitions en VEFA auprès d’un promoteur, cette hausse n’a pas d’effet : le taux réduit du neuf (0,715 % de taxe de publicité foncière) reste inchangé. Le neuf reste protégé de la hausse départementale des DMTO.
Quel montage choisir pour réduire les frais de notaire sur sa construction neuve
Le choix dépend du rapport entre le prix du terrain et le coût de la construction. Voici les situations où chaque option est plus avantageuse :
- Si le terrain représente une part minoritaire du budget total (moins d’un tiers) et que le vendeur est un particulier, acheter le terrain seul puis construire séparément réduit l’assiette des frais de notaire, même si le taux appliqué est celui de l’ancien.
- Si le terrain est vendu par un professionnel assujetti à la TVA (lotisseur, aménageur), l’achat bénéficie déjà du taux réduit du neuf, et l’avantage du montage en deux temps diminue.
- Si on préfère un achat clé en main (VEFA terrain + maison), les frais de notaire portent sur le prix global mais au taux réduit du neuf, ce qui simplifie le financement et les démarches.
Les retours varient sur ce point selon les projets : dans les zones où le foncier est cher (Île-de-France, littoral), le terrain peut peser la moitié du budget, et l’écart entre les deux montages se resserre. Un passage chez le notaire avec les deux devis (terrain seul et VEFA) permet de trancher avec des chiffres réels.

Le vrai levier, au fond, n’est pas de négocier les émoluments du notaire (la marge est mince sur un barème réglementé), mais de comprendre sur quoi portent les droits de mutation et à quel taux. Dissocier terrain et construction reste la stratégie la plus courante pour contenir les frais d’acquisition sur un projet de maison neuve.

