L’absence d’un four n’empêche pas de louer un appartement en location saisonnière, mais le défaut d’une literie complète expose à des sanctions. La réglementation française distingue précisément le mobilier facultatif de l’équipement obligatoire, au risque de surprendre les propriétaires les plus avertis.
Les exigences ne se limitent pas à la présence d’une table et de chaises. Elles imposent une liste détaillée d’éléments, allant de la vaisselle à certains équipements d’entretien, sous peine d’amende ou de requalification du logement. La conformité à ces règles conditionne la légalité de l’offre sur le marché.
Location saisonnière en France : quelles obligations pour les propriétaires ?
Impossible de s’improviser loueur saisonnier sans passer par la case réglementation. En France, chaque propriétaire doit composer avec un parcours administratif précis : déclaration en mairie, obtention d’un numéro d’enregistrement dans les villes qui l’exigent, parfois même une autorisation spécifique dans des métropoles telles que Paris. Ce protocole n’a rien de superflu : il vise à réguler le marché, protéger le parc résidentiel et encadrer le tourisme.
Tout se joue sur le terrain légal. Le code du tourisme et, selon les cas, le code de la construction et de l’habitation, forment la base de la réglementation. Mettre en location sa résidence principale sur de courtes périodes ? Attention à ne pas dépasser la limite de 120 jours par an. Dépasser ce seuil, c’est changer de catégorie : l’autorisation de changement d’usage devient incontournable. Et il ne faut pas perdre de vue la fameuse taxe de séjour, collectée pour la commune et à déclarer avec soin.
Les contraintes ne s’arrêtent pas là. Dans de nombreuses villes, toute annonce publique doit afficher un numéro d’enregistrement officiel. Oublier cette formalité ou ignorer les plafonds de location expose à des amendes salées. Paris, Nice, Lyon, Bordeaux : les grandes villes multiplient les contrôles pour préserver l’équilibre locatif.
Louer en meublé demande aussi une vigilance constante sur la conformité du bien : vérifier l’usage du logement, effectuer les démarches auprès de la mairie, anticiper, le cas échéant, la demande d’autorisation pour changement d’usage. Ces règles ne relèvent pas du simple formalisme : elles servent à protéger locataires, riverains et garantir un marché transparent.
Comprendre la réglementation sur les équipements des meublés de tourisme
Louer un meublé touristique implique bien plus qu’un simple coup de ménage et quelques meubles posés à la va-vite. Le décret du 31 juillet 2015 encadre la liste des équipements obligatoires aussi bien pour les baux mobilité que pour la location à usage de résidence principale. Et même si le classement officiel (de une à cinq étoiles) introduit des critères supplémentaires, la base reste la même : garantir au locataire confort et autonomie.
La réglementation s’articule autour de trois piliers : mobilier, électroménager et vaisselle. Impossible d’ignorer le lit, la table, les chaises, mais aussi les plaques de cuisson, le four ou le micro-ondes, le réfrigérateur, la vaisselle adaptée à la capacité d’accueil et le matériel d’entretien ménager. S’ajoutent des luminaires dans chaque pièce, des rideaux occultants dans les chambres, des espaces de rangement et des ustensiles de cuisine adaptés.
Le classement des meublés de tourisme, délivré par un organisme agréé, va plus loin pour les logements visant le haut de gamme : accès internet, lave-linge, sèche-cheveux, voire coffre-fort pour les plus exigeants. À chaque niveau, la liste s’allonge, mais la logique demeure : proposer un séjour sans mauvaise surprise.
Un autre point de vigilance : l’état général des équipements. Un appareil hors service, une sécurité électrique douteuse, une literie usée : autant de détails qui peuvent coûter cher lors d’un contrôle. Les inspections liées au classement ou menées par les collectivités vérifient systématiquement la présence et la fonctionnalité des équipements. Un élément non seulement présent, mais parfaitement en état de marche, voilà la règle du jeu.
La liste détaillée des équipements obligatoires à fournir aux locataires
La réglementation ne laisse aucune zone grise. Pour louer un meublé touristique en toute conformité, chaque logement doit disposer d’équipements précis, définis par le décret du 31 juillet 2015. Il ne s’agit pas de se contenter du strict nécessaire, mais d’offrir aux locataires un cadre de vie complet, propice à l’autonomie.
Pour mieux cerner ce qui est attendu, voici les principaux meubles qui structurent l’espace et le séjour :
- Un vrai lit pour chaque occupant, accompagné d’une literie complète (couette ou couverture, oreillers et traversins)
- Une table pour les repas et les activités quotidiennes
- Des sièges en nombre suffisant
- Des rangements pour vêtements et effets personnels
- Un système d’éclairage dans chaque pièce, y compris les chambres
- Des dispositifs pour occulter les fenêtres, garantissant l’intimité
Côté cuisine, le locataire doit pouvoir préparer, stocker et consommer ses repas sans difficulté. Voici ce qui doit impérativement figurer dans l’équipement :
- Plaques de cuisson
- Four ou micro-ondes
- Réfrigérateur et compartiment congélation (ou freezer intégré)
- Vaisselle et ustensiles en quantité adaptée au nombre d’occupants
- Casseroles, poêles, couteaux, planches à découper, et tout le matériel de base
L’entretien du logement n’est pas oublié : il faut fournir un équipement pour le ménage comme un aspirateur ou balai, une serpillière, un seau, du matériel courant d’entretien et un étendoir à linge. À chaque état des lieux, la fonctionnalité de chaque élément sera scrutée : une simple panne ou un oubli expose à des complications.
Un propriétaire qui respecte la liste des équipements obligatoires assure la validité du bail, sécurise ses revenus et évite les mauvaises surprises lors des contrôles. Dans les villes sous tension, manquer un seul élément peut entraîner la requalification du logement (location vide) : cela se traduit par une baisse de loyer, voire l’annulation pure et simple du bail.
Sanctions encourues et bonnes pratiques pour rester en conformité
Ignorer les règles, c’est s’exposer à de vraies conséquences. À Paris, comme dans d’autres grandes villes, la moindre absence d’équipement obligatoire ou d’autorisation peut entraîner la requalification en location vide. Résultat : le bail peut être rompu, le loyer revu à la baisse, et les locataires disposent d’une jurisprudence solide pour faire valoir leurs droits. S’ajoutent à cela des amendes qui peuvent grimper jusqu’à 5 000 euros en cas de défaut de déclaration ou d’autorisation de changement d’usage.
Sur le plan fiscal, la location saisonnière implique également de reverser la taxe de séjour à la commune et de déclarer les revenus dans la catégorie BIC. En cas d’activité régulière, la CFE et des cotisations sociales peuvent s’appliquer. Oublier ou négliger ces obligations expose à des régularisations fiscales, parfois rétroactives, avec des pénalités à la clé.
Pour rester serein, voici quelques pratiques à adopter systématiquement :
- Rédiger un contrat écrit pour chaque location, quelle que soit sa durée
- Conserver précieusement la preuve de la déclaration en mairie et du numéro d’enregistrement, quand il est requis
- Vérifier l’état et la conformité des équipements à chaque état des lieux, avant et après le séjour
Ne pas sous-estimer la durée maximale autorisée pour la location d’une résidence principale, la gestion des dépôts de garantie ou le respect strict des démarches administratives : la législation ne laisse guère de place à l’improvisation. La location meublée touristique, encadrée de près, exige rigueur et anticipation à chaque étape.
En définitive, louer en meublé saisonnier, c’est composer avec un cadre strict où chaque détail compte. À chaque clé remise, c’est la conformité qui fait la différence entre un séjour serein et des complications évitables.


