Installer une PAC en rénovation : faut-il refaire les radiateurs ?

La pose d’une pompe à chaleur en rénovation soulève immédiatement la question des émetteurs existants. Une maison construite avant 2000 est fréquemment équipée de radiateurs dimensionnés pour une chaudière fioul ou gaz fonctionnant à 70 ou 80 °C. Or, une PAC air eau délivre un meilleur rendement lorsque l’eau de départ se situe entre 35 et 50 °C. Ce décalage de température modifie l’équilibre thermique des pièces. Le remplacement des radiateurs n’est pas systématique, mais il dépend de paramètres mesurables. Puissance installée, isolation réelle du bâti et régime d’eau visé déterminent la décision.

Température d’eau et dimensionnement initial

Les radiateurs existants ont été calculés pour un régime 75 65 20, soit 75 °C en départ, 65 °C en retour et 20 °C ambiant. En abaissant le départ à 45 °C avec une PAC basse température, la puissance émise chute parfois de moitié. Un radiateur panneau de 1000 W à 75 °C peut ne fournir que 500 à 600 W à 45 °C. Si la pièce nécessite 900 W en plein hiver, l’écart devient problématique. La surface d’échange doit alors augmenter ou la température d’eau doit remonter. Les PAC haute température atteignent 60 à 65 °C, mais leur COP diminue. L’équipe de Install PAC s’occupe de l’installation et de l’optimisation de ce système.

État de l’isolation et besoins réels

isolation

Avant d’envisager un changement de radiateurs, l’évaluation des déperditions reste prioritaire. Une maison isolée en toiture à 30 cm de laine minérale et équipée de menuiseries double vitrage 4 16 4 réduit ses besoins de chauffage. Un calcul thermique simplifié, pièce par pièce, permet d’identifier les puissances nécessaires à température extérieure de base. Si les besoins descendent sous 60 W par mètre carré, les radiateurs existants peuvent suffire avec une eau à 50 °C. En revanche, des murs non isolés et des planchers froids maintiennent une demande élevée. Dans ce cas, augmenter la surface émettrice ou engager des travaux d’isolation devient rationnel.

Radiateurs haute température existants

Les anciens radiateurs en fonte possèdent une inertie notable et une surface d’échange développée. Certains modèles à colonnes délivrent encore une puissance acceptable à 50 °C, surtout dans des pièces de taille modérée. Leur conservation reste envisageable après un désembouage complet et l’installation de robinets thermostatiques compatibles. Les radiateurs acier panneaux des années 1990, plus compacts, sont moins tolérants à la baisse de température. Une vérification de leur puissance réelle via les abaques fabricants s’impose. Lorsque la puissance disponible couvre au moins 90 % du besoin calculé, la pompe à chaleur peut fonctionner sans modification lourde. Sinon, le sous dimensionnement génère un inconfort par temps froid.

Solutions de remplacement ou d’adaptation

Plusieurs options techniques permettent d’adapter l’installation. Le remplacement par des radiateurs basse température à grande surface augmente la puissance à eau tiède. Un modèle triple panneau avec ailettes internes peut délivrer 1200 W à 45 °C pour une longueur d’environ 120 cm. L’ajout de ventilo convecteurs constitue une alternative intéressante, car ils compensent la faible température par une convection forcée. Le plancher chauffant hydraulique, installé lors d’une rénovation lourde, optimise le rendement de la PAC grâce à un régime 35 30 °C. Le choix dépend du budget et de la configuration intérieure. A noter que les travaux de performance énergétique sont obligatoires avant la mise en vente d’un bien immobilier.

un radiateur

PAC haute température et limites techniques

Opter pour une PAC haute température évite parfois le changement des radiateurs. Ces machines atteignent 65 °C en sortie grâce à un compresseur renforcé ou un système en cascade. Elles s’adaptent mieux aux émetteurs existants dimensionnés pour des régimes élevés. En contrepartie, le coefficient de performance baisse lorsque l’écart entre air extérieur et eau de départ augmente. Par 0 °C extérieur, un COP de 3 peut descendre vers 2,5 à 65 °C. La consommation électrique annuelle progresse alors. Cette solution réduit les travaux intérieurs, mais elle limite les gains énergétiques attendus par rapport à une PAC basse température associée à des radiateurs adaptés.

Pour finir

Refaire les radiateurs lors de l’installation d’une PAC en rénovation ne constitue pas une obligation automatique. La décision repose sur un calcul précis des besoins thermiques et sur la puissance réellement disponible à température d’eau réduite. Si l’isolation est performante et que les radiateurs en place offrent une surface suffisante, leur conservation reste cohérente. En présence d’un sous dimensionnement marqué, soit on augmente la surface émettrice, soit on choisit une PAC haute température avec un rendement moindre. L’approche rationnelle consiste à analyser chaque pièce avant tout engagement financier.

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